mercredi 16 septembre 2009

Insultes gratuites

Richard Berry, vous aimez? Je ne saurais expliciter exactement pourquoi mais ce type me glace. J’ai entendu dire que, dans le métier, on le considère comme un sale con. Je suis désolé pour cette grossièreté. Mais je crains qu’elle ne soit obligatoire. Je ne connais pas d’équivalent à sale con. Sale type est incomplet, con insuffisant, connard aussi grossier et tout aussi insatisfaisant. Je le crains, il n’y a vraiment que sale con qui convienne. C’est une formule d’une clarté inégalable. Moi, je n’ai pas la carte et je ne connais pas Berry. Pourtant, je souscris, comme ça, de prime abord: ce type est sûrement un sale con, ça se voit..... Vous croyez qu’on peut se fier aveuglément à ses premières impressions?

mardi 15 septembre 2009

Myself...

Qui aimeriez-vous être? Pascal Pratz!..., mais c’est impossible!... Cette phrase de Romain Gary, qui vient de me sauter à l’oreille, me va comme un gant. Je veux être moi. Là, je suis conforme à mes convictions nietzschéennes, je veux être, mais moi, là, c’est foutu. Qui est moi? Objection aussi conforme aux écrits de Nietzsche qu’à ceux de Freud, en plus!... Moi, je ne sais pas qui c’est. On n’arrête pas de se mordre la queue ici. Outre que, d’un point de vue érotique, se mordre la queue peut avoir des avantages, je dois reconnaître que ce n’est en rien glorieux. Ça tourne en rond. La question du jour est donc: l’affirmation nietzschéenne selon laquelle je dois être qui je veux être est-elle toujours valable si ce que je veux être c’est moi, ce moi à quoi je n’aurai jamais accès?

lundi 14 septembre 2009

Singe, rat, buffle, chèvre,...

Vous connaissez l’astrologie chinoise? C’est assez rigolo. Ces grands caractères, année par année.... A priori, on ne voit pas pourquoi le caractère des personnes dépendrait de leur année de naissance, ni, non plus, pourquoi cette catégorisation s’opérerait sur un cycle de douze ans. Pourquoi douze, pas seize, vingt, mille? ... Bon, c’est une astrologie, quoi. A priori, rien de raisonnable. Je vous invite pourtant à risquer votre raison et à parcourir les descriptions (trouvables un peu partout) de chaque signe. Vous y verrez l’habileté des rédacteurs à saupoudrer chaque caractère de bien et de mal, ce qui rend chacun assez équivalent à tous les autres... Du Yin, du Yang, du pour, du contre, le jeu de “pierre, feuille, ciseaux”. Tous équivalents sauf un. Le dragon. Le signe roi!.... Vous savez quoi? Je suis dragon, dites donc. Le piège de l’astrologie chinoise, pour moi, c’est que j’y suis le roi. Et vous, votre piège?



PS: oubli.. J'avais une photo sympa pour illustrer le Yin et le Yang.. Je vous la livre, même avec retard

dimanche 13 septembre 2009

Shakespeare

Lûtes-vous Shakespeare? Evidemment. Si vous aviez parcouru mon dernier livre, vous auriez pu répondre non, à quoi j’aurais pu rétorquer: veinards!.... Mais vous ne me lûtes pas et, par contre, Shakespeare, oui. Et vous avez pu constater ou bien avez-vous entendu parler, évidemment, de l’ampleur du génie de cet auteur, de l’improbable étendue de son vocabulaire, de son talent pour l’intrigue, de son sens aigu des ressorts humains, de sa poésie, de sa truculence, de sa folie, en un mot de l’énigme que recouvre son nom tant son talent est grand. Ce matin, France Cul m’a donné l’occasion d’ouïr des extraits de l’une de ses pièces. Je crois que c’est encore “pire“ à l’audition. Un tel plaisir jubilatoire, c’est presque inconcevable.

samedi 12 septembre 2009

Les 3 rois

Je ne vous ai pas souvent fait le coup de la citation depuis le début de ce blog.... Je vais réparer. C’est une chanson de Gérard Delahaye, un vieux truc, qui, ces temps-ci me trotte dans la tête....

La ballade des trois Rois

Trois rois sont passés sur la route
Trois lunes les accompagnaient
Trois rois sont passés sur la route
Le bleu du ciel était violet

Ils ont disparu dans les arbres
Trois feuilles les accompagnaient
Ils ont disparu dans les arbres
Au son des cors et des cornets

Ils se sont perdus dans la mer
Trois rois très beaux sont annoncés
Ils se sont perdus dans la mer
Annoncez à sa majesté

Que cherchez-vous ici Messires
Dans cette cité de soleil
Que cherchez-vous ici Messires
Qu’océan ni vagues n’effrayent

Cherchons Seigneur la vérité
De l’Homme et de sa destiné
Cherchons Seigneur la vérité
Nous l’avons cherchée chez les fées

Nous l’avons cherchée chez les Elfes
Au corps si beaux au coeurs si purs
Nous l’avons cherchée chez les Elfes
Elles nous ont ri à la figure

Chez les nains nous mena la quête
Qui dansent en rond sous les sapins
Chez les nains nous mena la quête
Ils n’ont montré que du dédain

Après de terribles épreuves
Au pays des serpents qui muent
Après de terribles épreuves
Des géants nous avons vaincus

Nous avons mangé leurs viscères
Comme il est dit dans le bréviaire
Nous avons mangé leurs viscères
Aucun de nous n’a vu plus clair

Au seuil de la désespérance
Nous avons songé Majesté
Au seuil de la désespérance
Que vous pourriez nous diriger

Le Roi fit venir une forge
Enclume avec le forgeron
Le Roi fit venir une forge
Et lui parla front contre front

L’homme a forgé une journée
Etincelles et éclairs volaient
L’homme a forgé une journée
Au matin l’oeuvre est achevé

Trois Rois sont passés sur la route
Triste et grise était leur allure
Trois Rois sont passés sur la route
Chacun une clé sans serrure...

Ce texte vient d’un disque intitulé “Le Printemps” qui date de 1978... On savait faire des chansons dans ce temps-là!... Vous ne connaissez pas Gérard Delahaye? Je vous conseille... Sur un autre disque, Le Grand Cerf Volant (1976), (on trouve tout ça en téléchargement, si, si!...) une chanson, en particulier: Le Soleil et la Mort.... Un texte absolument prodigieux....

vendredi 11 septembre 2009

Perdu? Retrouvé?

Qu’est-ce qui se passe au juste avec Proust? J’ai chez moi le Librio intégral de la Recherche... Chaque fois que je l’ouvre, à n’importe quelle page, j’ai un mal de chien à le quitter. Je trouve ça positivement génial. Pourtant, je connais des foules de gens qui affirment que c’est à chier. Ceux qui ne l’ont pas lu, peut-être, pas “relu” comme on doit dire. Qu’est-ce qu’on a contre Marcel? Le fait qu’il était socialiste? Homosexuel? Snob? Ses rapports avec sa maman? Que c’était le meilleur? Qu’il n’a pas été très heureux? C’est un mystère pour moi ce dédain dont on se drape sitôt qu’il est question de lui. Quelqu’un saurait-il me dire ce qu’on a contre Proust?

jeudi 10 septembre 2009

Debout les morts!....

Bon!.. Ben!... je voudrais pas dire mais.. Qu’est-ce que vous foutez? Vous attendez quoi? Vous voyez pas, là, les immigrés, la répression, les taxes, les mensonges, les replâtrages, la mauvaise foi, les “people”, le foot, enfin, tout, quoi.. Vous voyez pas? Je vous crois pas... Vous attendez qu’on s’y colle, c’est ça?.... Il vous faut un “leader”.. Vous en êtes là? ... Allez, je vais rester là-dessus.. Vous ne savez faire que là où on vous dit de faire, d’accord!.... Parce que si, d’aventure, je me mettais à penser que votre absence de réaction n’a d’autre sens que votre acceptation béate, j’y trouverais sûrement les raisons de vous détester... Je ne vais pas en arriver à vous avouer que je vous déteste, quand même,... Vous n’allez pas m’y obliger?.... Ce serait faire de moi une personne comme vous, qui ne vous aime pas tellement..... Parce que, pour encaisser ça, vous ne devez pas tellement vous aimer, si l’on y pense.... Allez, un bon geste!....

mercredi 9 septembre 2009

09/09/09..... 09 heures 09

Zéro neuf zéro neuf zéro neuf. Ça me tire toujours un sourire quand le calendrier s’amuse. Et puis, très vite, je ne peux pas m’empêcher de penser au sens que recouvre la date à laquelle nous nous situons. La naissance de l’autre, celui qui ne nous concerne que nous, le temps qui passe malgré ça, sans ça, sans cette référence, tout ça, quoi, l’occidentalisme qu’il y a là-dedans, notre incroyable morgue, la primauté de notre “tradition” sur les autres, qui nous autorise à penser qu’on est “vraiment” le zéro neuf zéro neuf zéro neuf alors qu’on est, en fait, perdus dans un temps infini et sans référence..... Je suis désolé...

mardi 8 septembre 2009

Abdication

Le concert avait été l’un des meilleurs que tu n’aies jamais fait. Tout allait pour le mieux et il ne te restait qu’à finir la dernière chanson. C’est là que tu m’as jeté un regard. J’ai vu dans tes yeux une chose que je n’y avais jamais vue. Un vide abyssal. Tu as tout arrêté. Tu as posé ta guitare et puis tu as quitté la scène, laissant une salle médusée. S’il s’était agi de surprendre, le coup aurait été parfait. Tu es passée à côté de moi, sans un mot. Toute la nuit, je t’ai attendue et quand tu es revenue chez nous au matin, c’était toujours sans un mot. Tu as fait ta valise, rapidement, et tu es partie. Je ne saurai jamais ce qui t’est arrivé, ce qui a passé dans ta tête, par quelle vacuité tu as été touchée ce soir-là. Nous ne nous sommes jamais revus et, à ce que j’en sais, tu n’es jamais remontée sur une scène.

lundi 7 septembre 2009

La vie d'à côté....

Passer à côté de sa vie... C’est une phrase terrible si l’on y songe. Les gens qui me confient tout à trac qu’ils ont le sentiment de passer à côté de leur vie provoquent toujours chez moi une affreuse culpabilité, une compassion ultra empathique, une panique, du genre: et si moi aussi... C’est un mode de raisonnement imparable. On ne peut pas nier qu’on aurait pu en avoir une autre.... Rien ne dit qu’elle aurait été meilleure et rien non plus qu’elle eût pu être pire. Passer à côté de sa vie, c’est supposer qu’une vie préexiste, pour quoi on est fait, et qu’il nous reste la lourde tâche de la trouver. C’est la porte ouverte au déterminé. C’est la tentation d’un destin. Et qui dit destin ouvre la voie au grand ordinateur. Penser qu’on passe à côté de sa vie, c’est, en un sens, croire. D’ailleurs, assez souvent, les gens qui vous disent que vous passez à côté de votre vie, qu’ils passent à côté de la leur, vous parleront de foi. De foi en vous, la plupart du temps, mais aussi de foi en votre étoile, votre bonne fée, de foi, quoi. Penser qu’on peut passer à côté de sa vie, c’est, en un sens, mystique. Il faut être ce qu’on veut être, disait Nietzsche. Pas ce qu’on est, à quoi l’on n’a pas accès, ce qu’on veut être. Cette formule s’applique-t-elle lorsque ce qu’on veut c’est être un autre?

dimanche 6 septembre 2009

Pablo

J’avoue que j’ai vécu... C’est Neruda qui a écrit ça. Enfin, écrit, on le suppose, puisque la parution du livre est posthume. Peut-être y a-t-il aussi peu de rapport entre les écrits de Neruda dans son oeuvre posthume et l’auteur qu’entre ce qu’a publié de Nietzsche, soi-disant, sa chère soeur Elisabeth, et la réalité de l’oeuvre. Mais bon. Là n’est pas le propos. Ce blog s’intitule “mon canto general” et c’est évidemment en hommage à Neruda. Bien piètre hommage, j’en conviens. En ces temps de rentrée, je suis pris d’une crise d’examen personnel et j’emploie le terme “j’avoue” à toutes les sauces. J’avoue ce que vous voulez. Le mieux, pour rester dans la ligne fixée, c’est quand même d’avouer, une bonne fois pour toutes, que, oui, j’ai vécu. Et merci à Pablo.

samedi 5 septembre 2009

Muet

Je serais triste. Pourtant, je n’ai pas les yeux tristes, je n’ai pas le coeur triste, je n’ai pas de tristesse. Ce que je n’aime pas, c’est la distraction, l’obligation de se réjouir, de rire. Vous trouvez vraiment qu’il y a de quoi rire? Je n’aime pas non plus parler pour ne rien dire. Taciturne est le mot. Les gens croient généralement que taciturne est un synonyme de triste. Il ne signifie rien d’autre que silencieux. Comme silencieux, je reconnais, je me pose là. Enfin, je l’ouvre, des fois, mais c’est toujours pour jeter des pavés dans des mares ou mettre les pieds dans des plats. D’où il est souvent conclu que je suis triste. Sinistre. Taciturne, je suis. Simplement taciturne. Vous connaissez la chanson de Brassens?

Il est morne, il est taciturne
Il préside aux choses du temps
Il porte un joli nom, Saturne
Mais c'est un Dieu fort inquiétant

Taciturne, c’est un mot qui se marie parfaitement avec la beauté et la contemplation.

vendredi 4 septembre 2009

Qahwa

Café. Ça viendrait du monde arabe. Le conditionnel pour dire par là que je n’en sais pas beaucoup plus. L’origine, c’est “qahwa”... Un nom arabe. Il semblerait que le kawa ait profité de la prohibition de l’alcool par l’Islam. Aujourd’hui, c’est le produit le plus échangé sur la planète. On s’enfile du kawa. Moi, je suis un accro. Trente et plus par jour. Et je dors... J’irais même jusqu’à affirmer que je ne dormirais pas si je n’avais pas ma dose. J’ai besoin de ce truc qui fait rouler les méninges. Du carburant, ça s’appelle. A quoi carburent les autres? Des fois, lorsqu’un humain se comporte plutôt comme un légume ou une moule, je me dis que je fais pas mal d’en ingurgiter autant. Je crois que le café rend intelligent.

jeudi 3 septembre 2009

Entre chien en loup

Je suis un type du soir. Je pourrais dire crépusculaire, si crépusculaire ne signifiait pas, en arrière plan, que je suis proche de ma fin. Je ne l’entends pas dans ce sens, même si je n’en ai jamais été aussi proche, de la fin. J’aime l’embrasement du ciel que provoque le soleil vers la fin du jour. En ce sens-là, je suis crépusculaire. Je ressens très fortement cette idée que c’est vers la fin que je parviendrai à enfin illuminer mon ciel. La sagesse, on dit. Foutaises. On n’est pas plus sage le soir que le matin. Vouloir embraser le ciel n’est pas le signe d’une très grande sagesse. Je suis un type du soir, de la fin du jour, du bilan, de l’apaisement qui naît dans la certitude du retour au noir et au silence.

mercredi 2 septembre 2009

paléocontemplation

Cette année, beaucoup de libellules volettent dans le jardin. C’est un spectacle réjouissant. Ces petites bêtes graciles, leurs ailes diaphanes, leur vol aléatoire, leurs yeux multicolores, tout en elles est plaisir pour le regard. Il paraît que leur existence est menacée. Comme beaucoup d’autres. C’est pourquoi je me suis particulièrement réjoui, cet été, de les voir peupler mon bout de nature. Elles sont sur Terre depuis environ trois cents millions d’années. Contre à peine un pour nous..... Trois cents millions d’années d’évolution qui virevoltent autour de vous dans le soleil, se posent, vous regardent de toutes leurs facettes..... Parfois, la vie, hein!...

mardi 1 septembre 2009

Ça commençait bien....

Il paraît que je suis un bon amant. Ce n’est évidemment pas moi qui le dis. Mais qu’est-ce qu’un bon amant? Je reste parfaitement circonspect devant cette question. Qu’est-ce qu’un bon amant? Peut-être un sur la ligne Casanova: “j’ai la faiblesse de croire que soixante quinze pour cent du plaisir que je reçois vient du plaisir que je donne”. Le pire, dans cette phrase, c’est le mot “faiblesse”. Ça, c’est une réponse littéraire. Vous me direz, hein, de ma part, rien d’étonnant. La vie? Quelle vie? Y’a pas que les livres? Ce que je sais, c’est que j’ai une trouille bleue, maladive, chaque fois que je dois me lancer dans un acte sexuel. Un truc à vous tordre les tripes, à vous foutre la chiasse. Ça, ce serait une réponse plus organique. Scatologique, un brin. La trouille, c’est peut-être ça qui fait les bons amants. A mon âge on pourrait se dire que j’ai passé le temps de faire dans mon froc. Nibe!.... Intact!... Ça se calme un jour ce genre de truc? On est obligé d’en chier, comme ça, jusqu’au bout?

lundi 31 août 2009

Vie de nuit

Nuit. Yeux ouverts. Grand ouverts. Se lever? Quelque chose à faire encore? Un travail, une page? Sûrement. Mais cette nuit, non. Profiter. Yeux ouverts. Sans un geste, s’ouvrir. Les bruits, les pensées, laisser venir. Prendre. Insomnie? Non. Besoin. Nécessité d’être là, rien qu’être là, au monde, en vie. Dormir? Pas le temps. Plus tard. Yeux ouverts. Emplir ses poumons. Petit filet d’air. Lentement. Respirer tant qu’il en est encore temps.

dimanche 30 août 2009

Des tocs et des manies

D’abord, il est parti faire la vaisselle. Une très longue vaisselle. Ensuite, revenu, il a entrepris de l’essuyer. Un essuyage extrêmement minutieux et répétitif. Après quoi, ayant rangé les ustensiles, il s’est attelé au nettoyage de la table. Une fois, deux, trois, la moindre tache, et encore, comme s’il en restait toujours une. Là, il a pris une lingette et puis s’est méticuleusement lavé les mains, chaque doigt, l’un après l’autre et puis a recommencé. Après ça, un long quart d’heure, il s’est mis en tête de balayer le tapis de sol de la tente avec une balayette. Aucune chance, dans un camping sableux, d’avoir un tapis de sol immaculé. Il a recommencé. Encore et encore. Pour finir, il a repris une lingette et a recommencé le petit ballet des doigts, l’un après l’autre, encore, encore, et encore. Toc. Jusqu’à cet instant je n’avais jamais entendu parler d’un homme atteint de ce trouble. Erreur. Pas vraiment un toc irrépressible mais un toc. Pas de doute. Pendant ce temps-là, une autre voisine a ouvert sa voiture avec sa télécommande. Clac!.. A pris une chose dans le coffre. A refermé l’auto. Clac.... Est revenue dix minutes plus tard. A de nouveau ouvert. Clac!.. A reposé l’objet, en a pris un autre. A refermé le coffre. A refait claquer les fermetures automatiques. Clac!.... est revenue sept minutes plus tard, a rouvert l’auto.. Clac!.. A reposé l’objet. En a pris un autre. A refermé. Clac!... Et ainsi de suite, au moins dix fois... Ouvrir, fermer à clé, ouvrir, fermer à clé... Qui est normal?

samedi 29 août 2009

Taureau

Il n’y a rien à faire, on se fait toujours avoir au coup du chiffon rouge. On fonce. Pour ne pas y aller, il faudrait être d’un autre bois. On se soigne, pourtant. On a quand même tendance à foncer de moins en moins. Mais on a de beaux restes. J’en connais à qui on ne la fait pas. Souvent, après-coup, ils vous disent simplement: pourquoi tu y es encore allé? Facile. Pas facile, par contre, de planter une corne au premier passage, dans une cuisse, un bas-ventre, un mollet. La plupart du temps, on rate le pantin. Aux arènes, l’arlequin redonne une chance à la bête. Courageux, faut reconnaître. Bon, d’accord, il a très faim et c’est ça ou la rue, mais quand même. Dans la vie, le clown qui vous provoque ne vous laisse que rarement deux chances. Et si vous le ratez, qui a l’air ballot? Et l’autre, généralement modeste, fanfaronne. Il faudrait parvenir à ne pas y accorder trop d’importance. En général, on n’est pas aidé. A peine le coup porté, on voit dans la foule un tas de petits clowns qui se disent qu’il n’est pas si difficile de vous ridiculiser.

vendredi 28 août 2009

En rang les nouveaux!

La rentrée, c’est une échéance. Qu’on le veuille ou non, on se retrouve quand même à rassembler son énergie, à faire le point, à chercher le courage et les motivations pour repartir. Et, inévitablement, tombe la question du “à quoi ça sert tout ça?” Et si on laissait tout tomber, qu’on allait cueillir des fleurs, se baguenauder nez au vent? Si on ne repartait pas, tiens!.. Tout jeter aux orties et... vivre.... Tant pis pour l’oeuvre, m’en fout l’avenir. D’ailleurs, je n’ai pas d’avenir. Vous voyez, des idées bien joyeuses. Et puis, une fois encore, on retrouve le souffle, le désir, la joie de mettre des mots partout, d’en couvrir tous les supports, de les jeter à la face de gens qui n’en ont pas grand chose à faire. On se projette de nouveau au delà du lendemain matin. A quoi ça sert? Toujours à rien. Mais on décide de ne plus se poser la question jusqu’à l’an prochain...

jeudi 27 août 2009

De l'expression "Rendre son tablier"

Je viens d’entendre sur France Inter une entrevue avec François Bégaudeau à propos de son livre «Vers la douceur» (éditions Verticales). Je sais, j’écoute trop la radio. D’un autre côté, si je l’écoute pas, hein!..., où je vais trouver la matière à des courts journaliers?..... Ça commençait bien. Le Bégaudeau a entammé par une allusion au «surhomme» de Nietzsche. J’ai évidemment tendu l’oreille. Manque de bol, juste quelques minutes plus tard, le voilà qui nous parle de mur et qui explique que certains humains voient le mur et d’autres pas et que, les malins, c’est ceux qui font tout pour l’éviter. Là, j’avoue, je rends mon tablier. Si vous m’avez lu, vous savez que, pour moi, le mur.... J’ai jamais vu de mur, dans ce sens-là, dans ma vie. Tout passe sans heurts, sans choc... Pof... Franchi, le soi-disant mur. A part le mur, au sens symbolique, je me suis demandé: qu’est-ce qu’un humain peut bien voir comme mur? Bon, on fait court: la mort. D’accord? Le surhomme, au sens nietzschéen, pour moi, c’est celui qui voit arriver le tragique, la mort, mais qui peut quand même vivre..... Pas l’éviter.... On peut pas l’éviter... J’ai pas dû comprendre Bégaudeau.... Encore un!.. J’ai l’habitude.... Dans la même émission, Jacques Higelin a débarqué avec sa petite phrase à lui: «on devrait pas perdre le contact avec l’enfant qui est en nous».... Là, je rends vraiment mon tablier......

mercredi 26 août 2009

Du pareil au même

On n’est pas très beau
on n’est pas très malin,
des fois bien pire que ça,
on ne sait rien de l’avenir,
si ce n’est la toute fin
qui nous tord si fort les tripes,
on est perdu,
souvent minable,
on s’est coupé les ailes,
on ne rêve plus,
petite vie, petit train train,
et, pourtant,
on ne cesse de se reproduire.
On doit bien s’aimer un peu.

mardi 25 août 2009

Bachelot tue

C’est un peu infantile mais je me suis fait un petit plaisir. Après moult bricolages, j’ai réussi à remplacer l’étiquette “Fumer Tue” trônant sur mon paquet de tabac par une autre, de ma fabrication, où j’ai inscrit: “Bachelot Tue”. Avec la réforme de la santé dont elle est chargée, je suis certain que mon avertissement va s’avérer. On va mourir en France, en 2009 et après, faute de soin, faute de place, faute de personnel, faute de crédits. Mais vous êtes sûrement rassurés de savoir que vous n’aurez pas la grippe A. Je crois que quelqu’un devrait se lancer dans le macabre compte des décès que nous devrons à la chère Roselyne. Ce décompte devrait rapidement être édifiant. Mais si vous mourez, c’est bien entendu parce que vous fumez.

lundi 24 août 2009

E dans l'eau

O, œil dans l’eau
S carbille
P cadille
C cédille
Ça change tout
t’es partie
foutu l’camp
par le train
c’est fini
il pleuvait
dans tes yeux.

dimanche 23 août 2009

Petit personnel

Le lobby des restaurateurs a gagné sa réduction de la TVA à 5,5. Avec des arguments qui frôlent le nauséabond, ce qui ne me donne guère l’envie de me rendre dans leurs établissements. Nous aurons au moins appris, qu’en sus du monde paysan de la FNSEA, des fabricants d’automobiles, des pétroliers, des nucléaristes, les restaurateurs sont au nombre de ceux dont le poids politique modifie parfois les orientations gouvernementales. Depuis, vous l’aurez remarqué, nous déchantons. Cette baisse censée se répercuter sur les prix n’a eu que peu d’effets. Le pire est pour le personnel. On nous avait promis des hausses de salaires, des embauches, des réductions de temps de travail. Rien de tout ça. Le discours patronal reste que ce métier est un métier dur, qu’il demande beaucoup, que si l’on veut y réussir, on doit se “remuer” et faire preuve d’un courage exceptionnel. La question que je me pose est: qu’allons-nous chercher, exactement, au restaurant? Pourquoi allons-nous dîner, parfois très ordinairement, dans ces établissements? Et ma réponse: du petit personnel. Les bourgeois, au sens primaire de ce mot, n’ont plus de petit personnel. D’ailleurs, il n’y a plus de petit personnel, vous savez bien. L’un des seuls lieux où l’on en trouve encore, c’est au resto. On lève le petit doigt et hop, oui monsieur? Et pour Monsieur ce sera? Vous avez remarqué le nombre de gens qui gueulent contre le personnel au restaurant. Pas une fois où je n’ai pas vu un client enragé contre le service. Alors, non, le sort des travailleurs de la restauration ne va pas s’améliorer. Ils resteront de semi-esclaves au service du client. C’est constitutif de leur situation. Ils sont là pour ça. Et il n’est rien d’étonnant au fait qu’ils soient payés des clopinettes. On devrait même pas les payer. Il m’a été donné de fréquenter un établissement de formation aux métiers de la restauration. Vous n’avez pas idée de la dose de soumission qu’on y exige des élèves. Savoir faire ET savoir être, on dit. En résumé: oui not’ Monsieur, oui not’ bon maître. Tout le discours actuel autour de l’amélioration des conditions de travail dans les restaurants n’est que pure hypocrisie.

samedi 22 août 2009

Lettre à la femme que je n’ai jamais trouvée.

J’ai remonté mille ans
le cours de l’Alesson,
j’ai griffé mes mains
brûlé mes pieds,
meurtri mon corps,
égratigné ma peau,
pataugé, marché encore,
manqué me noyer,
failli périr dans des sols mouvants,
déchiré mes vêtements
et mon paletot
j’ai starvé to death,
j’ai vu les géants
végétaux et séculaires
que tu m’avais décrits en rêve,
j’ai entendu gémir le monde,
j’ai vu se lever tous les soleils,
j’ai craint la nuit,
Tremblé, grelotté,
et puis marché encore
sans jamais atteindre
la source des eaux
mais, pire que tout,
sans jamais te trouver.

vendredi 21 août 2009

Végétal

Les végétariens me font généralement sourire. Ceux, surtout, qui vous expliquent qu’ils ne peuvent manger de la viande à cause de la proximité qu’ils ressentent avec le règne animal. Se rendent-ils compte qu’ils se qualifient eux-mêmes de bestioles? Avec tout le renoncement à l’intelligence que signifie cette confusion? Mais ce qui me fait le plus rire, c’est d’envisager leur tête le jour où on leur apprendra, ce qui pourrait venir, qu’une salade a un système nerveux embryonnaire qui l’autorise à ressentir la douleur ou d’autres émotions. Je me souviens, dans les années 70, de quelques publications très argumentées sur l’évanouissement des plantes, par exemple. Ce jour-là, cesseront-ils d’en consommer, se ravalant, cette fois, à l’état de légumes?

jeudi 20 août 2009

Géants

Pour qui aime parler front contre front avec les géants, certains diraient se gargariser, la montagne, c’est un endroit qui force le respect. Deux, trois mille mètres au dessus de vous, majestueuse, impériale, impassible, immuable. Une force terrible. Encore plus impressionnant l’été, je trouve, à cause de l’absence de neige, qui a tendance à tout aplatir. Là, les titans, ils vous regardent de toute leur hauteur, vous toisent, vous écrasent presque. La montagne, beaucoup de philosophes en ont parlé, en ont fait un symbole de l’élévation de l’esprit, de la solitude inhérente à la hauteur. Devant ça, on comprend vraiment pourquoi.

mercredi 19 août 2009

Rêverie

Un maillot de bain blanc sur une peau chocolatée de soleil, c’est irrésistible. Un deux pièces, en plus, un peu dentelé. On en croquerait. Encore pire si la jeune fille a les formes parfaitement féminines du violoncelle. On en croquerait si la donzelle n’avait pas 16 ans. Seize ans, vous me direz, c’est l’âge de se faire croquer. Par moi, non. Je pourrais objectivement être son grand-père. Il y en a que ça n’arrête pas, on dit. Moi, si. On ne fait pas des choses comme ça. On a tous nos limites, pas vrai? Vous en croqueriez, vous? Moi, décidément, non. Je me contente d’un regard, du rêve d’en croquer quand même un tout petit morceau et puis je me contente d’un plaisir familier: la contemplation.

mardi 18 août 2009

Rentrée

Et bien je suis heureux de vous l’apprendre: il existe en France des endroits où l’on perd totalement le contact avec la toile. Oubliés l’ordinateur et les mails, envolés les soucis, adieu monde virtuel. Et on en revient, dites donc. En pleine forme, tout. Me voici donc de nouveau au clavier.... Je repars... Je ne sais si je parviendrai à tenir la gageure du quotidien... Je vous livre demain le premier nouveau court de rentrée.... Merci à vous d’être là.

vendredi 24 juillet 2009

Qu'on se le dise

Le moraliste, si, si, j’y insiste, un petit côté moraliste, quand même, j’avoue, pardon..., le moraliste, donc, prend des vacances... Incroyable, non? Des vacances.. Fatigué? Ben non, évidemment... Mais loin... Trop loin pour toucher facilement la toile... Si j’ai l’occasion, je vous promets, je mets tout ce que j’aurai accumulé en ligne... Revenez de temps à autre... Dans tous les cas, reprise des “courts” le 15 Août.... Bonnes vacances...

jeudi 23 juillet 2009

Lettre de la femme qui ne m’a jamais trouvé.

J’ai remonté mille ans
le cours de l’Alesson,
j’ai griffé mes mains
brûlé mes pieds,
meurtri mon corps,
égratigné ma peau,
pataugé, marché encore,
déchiré ma robe
et mon paletot
j’ai vu les géants
végétaux et séculaires
que tu m’avais décrits en rêve,
j’ai entendu gémir le monde,
j’ai vu se lever tous les soleils,
j’ai craint la nuit,
Tremblé, grelotté,
et puis marché encore
sans jamais atteindre
la source des eaux
mais, surtout,
sans jamais te rencontrer.

mercredi 22 juillet 2009

Ra

Voir se lever le soleil, rare. Pour ça, faut s’être couché un peu tôt et se faire choper par un bruit bizarre en pleine nuit. Je ne suis pas insomniaque pour la bonne raison que, dès que j’ouvre un œil après trois heures du matin, je me lève. On a toujours un truc à finir... Là, c’était le cas. Trois heures douze. Et à cinq et demi, la petite lueur à l’orient... Ce matin, il va se lever encore. Il y aura peut-être un matin où il n’arrivera pas. Un truc tout à fait ordinaire, sempiternel, on l’espère, absolument sans originalité. Et pourtant, chaque fois, c’est un spectacle absolument ahurissant. Si je m’écoutais, je me mettrais en lotus jusqu’à ce que le premier rayon vienne éclairer ma peau. Mais non, j’ai un truc à finir.

mardi 21 juillet 2009

Vide

The emptyness you caught. Une phrase d’une chanson de Susheela Raman (What silence said - Music for crocodiles). Quand je l’entends, elle ne quitte plus mon esprit. Un truc du genre obsessionnel, vous voyez? Le vide que vous avez attrapé. La dernière fois, elle m’a ramené aux paroles d’une chanson. En fait, d’un poème d’Aragon mis en musique pas Brassens. Il n’y a pas d’amour heureux, ça dit. “Et quand il croit serrer son bonheur il le broie”. La même notion. On ferme les mains, on referme les bras et, dedans, rien.... Le vide... Emptyness. On n’attrape jamais rien quand on croit tenir ce qu’on cherche. Rien que le vide. On ne court qu’après du vide. Il n’est rien qu’on puisse attraper sauf ........ le vide ou le silence.

lundi 20 juillet 2009

Sinistre... Ne serait-ce pas gauche en latin?

Je suis un type sinistre. Au moment de faire les valises, chacun prévoit ses lectures de l’été. En général un gros pavé ou deux, bien légers, pas prise de tête, du loisir, quoi. Pour lire au soleil, sur la plage, le soir, dans la tiédeur du début de soirée. Bon, moi, la plage... Et le soleil, encore moins. Si je devais emmener un livre à la plage, il faudrait que ce soit un format géant, pour qu’il me protège du père Ra. Je lis pas à la plage. A la plage, quand j’y vais, je contemple. C’est moi, le type en T-Shirt qui fouille tout du regard, c’est moi. Dans ma valise, j’ai mis mes lectures en retard. En suspens, plutôt. J’ai lu ce qui m’intéressait, en sautant des pages, vite fait. Il me reste à les lire vraiment. Pour en finir avec Dieu, de Richard Dawkins, Le réel et son double, de Rosset, un petit Sénèque, à relire, Le crépuscule des idoles, que je vais reparcourir au hasard, L’insurrection qui vient, du Comité Invisible, deux Jules de Gaultier que je n’ai pas entièrement finis, un Palante, et Freud et Nietzsche, de Assoun, un bouquin absolument indispensable. Ma douce a jeté un œil. C’est avec ça que tu comptes te détendre, a-t-elle moué? C’est quoi se détendre, j’ai répondu. Je n’ai rien eu en retour qu’un haussement d’épaules. Sinistre.

dimanche 19 juillet 2009

Annonce

Sur la porte vitrée de la Mairie de ma cité étaient placardées, l'autre jour, en plus des administratives, quatre affichettes tracées à la main, au feutre, d'une écriture égale, sur fond jaune.

La première disait: les enfants de Poitiers sont bien arrivés.
La seconde disait: les enfants de Samoëns sont bien arrivés.
La troisième disait: les enfants de Dinard sont bien arrivés.
La quatrième, elle, était ainsi libéllée: aucun des enfants de la colonie de Royan n'a survécu à l'accident du car.

samedi 18 juillet 2009

Promenade

L’important est-ce le but ou bien le chemin? Beaucoup de gens vous diront que réussir sa vie est uniquement avoir bien cheminé. Que peu importe le but. Le but, remarquez, c’est un mot à double sens. Ce qu’on cherche à atteindre, d’une part, mais aussi ce à quoi on arrive, qui pré-existe et vers quoi l’on tend sans toujours vouloir le savoir. La mort, évidemment. Et si la mort est le but de chaque vie, ce n’en est pas le but espéré... Alors, valoriser le chemin, ne serait-ce pas vouloir oublier le but? Une distraction? Des tas de gens vous diront que cheminer rend heureux. Le bonheur, hein? Si l’on considère que le bonheur n’est qu’une chimère, une croyance, une chose qu’on recherche sans jamais pouvoir la trouver, il est compréhensible que ceux qui “croient” au bonheur préfèrent le chemin... Evidemment. Pourrait-on pour autant en conclure que ceux qui nous rebattent les oreilles avec l’importance du chemin sont des chercheurs de bonheur? D’impossibles trouveurs de bonheur? Ou bien qu’il existe d’autres gens qui, en dehors de toute autre tare possible, n’auraient pas celle-ci et ne se figureraient pas qu’ils vont trouver “le” bonheur? Ceux-là ne se seraient-ils pas fixé un autre but volontaire que la mort inéluctable? Marchez, marchez, promenez-vous, surtout, et soyez-en heureux.....

vendredi 17 juillet 2009

Sentimental....

L’amour, l’amour!.... Qui aime-t-on vraiment lorsqu’on aime? L’autre? Soi-même en tant qu’être aimant, valorisé par l’amour qu’il donne? Et lorsque l’amour finit, en général par une guerre, ne peut-on considérer que cette fin n’est que la prise de conscience du fait qu’on n’a jamais aimé? Aime-t-on jamais vraiment? Est-on seulement capable d’aimer? La comédie de l’amour ne serait-elle pas une simple fable qu’on se raconte tant qu’il est possible de se la raconter et qui aboutit inévitablement à un réveil douloureux face à un partenaire qui, lui, souvent, est encore dans l’illusion de l’amour? L’amour, l’amour... Méprise volatile qui s’envole toujours, un jour ou l’autre, en fumée... Un bien beau fantôme....

jeudi 16 juillet 2009

Bzzz....

Qu’y a-t-il de plus con qu’une mouche? Moi, j’ai rien contre les mouches, à priori. Je serais plutôt d’accord pour une coexistence pacifique. Mais rien à faire!... Si vous avez décidé de faire la sieste dans un univers ouvert, vlan, ça ne peut pas louper, une mouche vient se poser sur votre visage. Pas sur votre pull ou votre pantalon, non!.. Sur votre peau, là où elle est le plus sensible, vous voyez? Le nez, les yeux, les lèvres... Et rien à faire.. Même s’il n’y en a qu’une, ça ne peut pas rater, elle va venir vous bzitter dans les oreilles, vous chatouiller les muqueuses. Une seule solution: l’éradication. Et systématique, hein!.. Si vous en oubliez une seule, c’en est fini du repos. Vous croyez qu’elles comprendraient, ces nouilles, qu’en vous fichant rien qu’un moment la paix, elles sauveraient leur peau? Maccache!.. Bernique.. Vous n’avez d’autre choix que de les éliminer toutes, systématiquement, en renonçant, malgré vous, à vos visions d’une cohabitation pacifiée avec le règne animal...

mercredi 15 juillet 2009

Misanthrope

Une chose me turlupine, que, bien sûr, je vais m’empresser de vous faire partager..., à propos du Misanthrope de Molière. Je vous l‘avoue, je n’arrive pas à le trouver antipathique. Pas intégralement, évident, mais, tout de même, une certaine tendresse pour ce type qui refuse le vernis de la vie mondaine. Ce qui me révulse, par contre, c’est l’image qu’on en donne. Un sale type, en gros, plein de rancœur, jaloux, envieux, atrabilaire. C’est Molière qui le dit, atrabilaire. Je ne suis pas certain qu’il faille le prendre pour argent comptant. Plutôt comme un doute, une hésitation, un penchant mal assumé. Ce dont je suis certain, par contre, c’est que la réduction d’Alceste à cette image est totalement erronée. Et pire que tout l’avenir qu’a imaginé Jacques Rampal à la situation dans son “Célimène et le Cardinal”, de 92. Je ne dis pas que la pièce est nulle. Chapeau!... Ecrire une suite à Molière, en vers, total respect. Mais l’idée de fond, le fait d’en faire un cardinal... Pourquoi Alceste doit-il devenir cardinal? Pourquoi pas libre penseur ou anarchiste, révolutionnaire ou philosophe. Il n’en manque pas, des philosophes, qui détestent le genre humain. Pour des raisons pas toujours avouables. Ce qui ne les empêche nullement de participer au progrès de la connaissance de soi... Pourquoi fallait-il que ce fût un cardinal? Pour des raisons morales? Ainsi donc, ainsi donc, on aurait considéré, Rampal aurait pensé, dès 1992, que le seul lieu de la rigueur morale serait l’église? Ce qui aurait préparé la voie au fameux “l’instituteur ne remplacera jamais le prêtre”? Vous voyez, hein, le passé!.. Molière, déjà, au pif, nous prévoit Sarko... Et on voudrait que je sois normal... (J. Brel, Bruxelles...)

Ce que je peux vous dire, c’est que si je n’étais pas le flemmard congénital que je suis, je pourrais me mettre à la rédaction d’une autre version de la suite, bien plus cinglante pour la “chère” Célimène, du genre Julien Coupat et Célimène, en alexandrins, si vous y tenez, histoire de remettre un peu les pendules à l’heure sur la futilité des femmes soi-disant libérées et sur la moralité supposée des gens d’église.